Afrique: menaces sur les gorilles et la grande faune sauvage

 

Les gorilles pourraient disparaître en Afrique d’ici quinze ans. Les raisons sont diverses : augmentation de la consommation de viande de brousse, dégradation de leur habitat (notamment due à l’expansion agricole et l’exploitation forestière illégale), capture des petits gorilles pour les vendre comme animaux de compagnie ou de collection ou encore virus Ebola. Seuls 700 d’entre eux subsistent dans le monde, la moitié vivant dans les monts Virunga à la frontière entre le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC), le deuxième foyer de peuplement (250 à 300 gorilles), se situant à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun.

 
 

Concernant l’augmentation de la consommation de viande de brousse, on relève en effet que pour les populations locales qui souffrent, dans leur grande majorité, de problèmes de sous-nutrition, la viande de brousse constitue une source de protéine. A cela s’ajoute la croyance dans les vertus curatives et fortifiantes de cette viande. Les "amateurs d’exotisme" sont également de plus en plus nombreux. Au total ce sont 3,4 millions de tonnes de viande de brousse qui sont vendues chaque année.

 
 

Notons que la Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages menacées, dont la conférence se tenait jusqu'à hier (25 mars) à Doha, au Qatar, devait également s’entretenir sur les moyens nécessaires pour faire davantage pression sur les autorités zimbabwéennes afin qu’elles renforcent la lutte contre le braconnage des rhinocéros.

 
 

En quatre ans, le Zimbabwe a perdu un quart de sa population de rhinocéros. Ces derniers sont chassés, quant à eux, pour leurs cornes auxquelles sont attribuées des vertus médicinales (utilisation d’extraits pour stimuler la libido et tenter de guérir le cancer). Les braconniers sont de mieux en mieux armés et faiblement sanctionnés lorsque, malgré l’absence de moyens dont disposent les personnes chargées de les traquer, ils sont toutefois arrêtés.

 
 
Pour tenter de sauver les espèces qui peuvent encore l’être, Démographie Responsable appelle à agir sur 2 fronts. A court terme, avec l’aide financière occidentale, renforcer la surveillance des zones protégées*, quitte à les rendre partiellement hermétiques et condamner les trafiquants à des peines extrêmement sévères.
Ensuite, partant de l'évidence que la cause profonde de l'élimination de la grande faune sauvage est l'impact anthropique excessif sur le milieu (cette catastrophe n'aurait même pas eu lieu si notre effectif était resté à un niveau raisonnable), pour le long terme, afin d'assurer la pérennité des espèces qui auront pu être sauvées, nous demandons aux autorités internationales de faire baisser la pression humaine sur la biodiversité en incitant tous les pays concernés à s'investir dès maintenant dans la diminution de leur taux de natalité.
 
 
 
* Le Monde, qui tient ses informations de Christian Nelleman (PNUE), indique que dans le parc national de Virunga en RDC, près de 200 gardes ont été tués en quinze ans. Selon ce responsable, le mandat de la force de maintien de la paix sur place, la MONUC (Mission de l’Organisation des Nations Unies en RDC) devrait être étendu au contrôle des ressources naturelles.
 
 
 
 

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