Burundi : la bataille de la terre

 

"Reporters", le magazine de France 24 a diffusé, le 7 janvier dernier, un sujet sur le Burundi. Philomé Robert a présenté ce reportage consacré au Burundi de la façon suivante : « Dans ce pays d’Afrique de l’Est, où 90% de la population vit de l’agriculture, la terre pose de sérieux problèmes, il y a de plus en plus de paysans pour moins en moins de terres exploitables. En cause, une démographie galopante : la population du Burundi risque de doubler voire tripler d'ici à 2050. Conséquence, les histoires d'héritage sont extrêmement complexes, les tribunaux sont débordés, les registres cadastraux sont inexistants et depuis la fin en 2004 de la guerre civile et le retour des réfugiés souhaitant récupérer leur propriété, occupée ou revendue entre temps, la situation a empiré. Notre envoyé spécial Jérôme Bonnard rentre du Burundi où il a enquêté sur le drame de la terre. »

Nous retiendrons en particulier
 
- De cet excellent reportage : l'intervention de Aloys Nizigiymana, ingénieur agronome à la FAO : « Étant donné que la terre n'est pas élastique, à un certain moment, si ça continue comme cela, avec une démographie pareille, avec des naissances non contrôlées, on arrivera à un blocage. Ce qui fait qu'il faudrait aussi des activités de limitation des naissances et ça, c'est toute une politique ».
 
- Et après sa diffusion :

Philomé Robert : « La politique de la terre, on l'a compris, est liée aussi au contrôle des naissances. Beaucoup de bouches à nourrir et peu de terres arables. Qu'est-ce qu'on en dit à Bujumbura ? »

Jérôme Bonnard : « Effectivement la "démographie galopante" c'est un gros problème. Maintenant que le pays retrouve une certaine stabilité politique, les gens ont moins peur, ils font plus d'enfants, mais malheureusement il n'y a plus assez de terres pour nourrir tous ces jeunes. Alors la démographie : il y a une nouvelle loi foncière qui est maintenant au parlement en discussion, qui devrait être votée bientôt et qui va aider à décentraliser l'ancienne loi foncière et qui devrait aussi inclure le planning familial pour aider à lutter contre ce fléau, si je puis dire.»