G8 Canada: échec de l'initiative de Muskoka

 

Démographie Responsable et vraisemblablement les près de 1.300 signataires de la pétition en faveur de la gratuité de la contraception dans le monde attendaient beaucoup plus du G8 qui s'est tenu les 25 et 26 juin derniers et en particulier de ce que les canadiens avaient appelé « l'initiative de Muskoka ». En effet agir sur la santé maternelle, c'est mettre en œuvre des stratégies médicales et de planification familiale qui permettent de sauver la vie de nombreuses femmes et qui les aident à décider par elles-mêmes du rythme des naissances qu'elles désirent réellement, rythme qui, en tout état de cause, est bien inférieur à ce que leur environnement familial et culturel leur impose... Il est certain que le silence des médias (hormis Global Mag sur Arte) n'a pas aidé à la prise de conscience des citoyens et à la pression éventuelle qu'ils peuvent exercer sur leurs dirigeants. En vue du prochain sommet des Nations Unies sur le réchauffement climatique programmé à Cancun au Mexique (29 novembre au 10 décembre 2010), la mobilisation autour de la pétition déjà citée reste donc plus que jamais d'actualité...

 

Retranscription de l'article de Malorie Beauchemin paru sur cyberpresse.ca

 

(Toronto) Échec. La réaction des organisations non gouvernementales, canadiennes ou internationales, est sans équivoque: le Canada a échoué à convaincre ses partenaires du G8 d'appuyer la cause de la santé maternelle et infantile.

L'annonce de la conclusion d'une entente pour un engagement de cinq milliards de dollars sur cinq ans pour le projet phare de ce sommet des pays riches a créé la consternation parmi les membres de la société civile.

« C'est moins que dans nos pires appréhensions, a lancé le directeur exécutif d'Oxfam Canada, Robert Fox. On demandait 10 milliards par année, on n'a même pas ça sur cinq ans.» Selon lui, le Canada a perdu de la crédibilité face à ses partenaires du G8 lorsqu'il a annoncé le gel de l'aide internationale canadienne dès l'an prochain.

Même son de cloche pour Gerry Barr, président du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCIC).

« Clairement, il y a quelque chose qui a mal tourné dans les discussions. C'est un échec lamentable », a dit M. Barr, à l'issue du point de presse donné en soirée par le premier ministre Stephen Harper.

La majorité des ONG impliquées dans le dossier de la santé maternelle et infantile s'entendaient pour dire qu'un engagement de 30 milliards sur cinq ans était nécessaire pour aider les femmes et les enfants des pays en développement.

« Je pense que la moitié de ça, 15 milliards, aurait été satisfaisant, a estimé Teresa Chiesa, de CARE Canada. Même M. Harper avait l'air très déçu. Son langage corporel en disait long.»

Le président de l'organisme Aide à l'enfance Canada, David Morley, a pour sa part noté qu'au milieu de la crise, l'année dernière au sommet de L'Aquila, en Italie, les pays du G8 avaient promis 22 milliards de dollars pour la sécurité alimentaire.

« Avec l'apport d'autres pays et organismes, on arrive quand même à moins d'un tiers de cette somme pour les enfants, a dit M. Morley. Ce sont encore une fois les plus démunis de la planète qui vont en souffrir.»

Déçus, attristés, les organismes espèrent maintenant que cette fois-ci, les pays du G8 tiendront leur engagement, si petit soit-il. Le premier ministre Harper a promis d'assurer un suivi strict des progrès de l'initiative sur le terrain.

« Ce qu'on doit faire maintenant, de façon constructive, c'est de s'assurer que l'argent est dépensé efficacement », a conclu Dave Toycen, président et chef de la direction de Vision mondiale Canada.

  

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