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Les invités: Jean-Michel Salles, Chercheur au CNRS, rattaché au Laboratoire montpelliérain d'économie théorique et appliquée (Université Montpellier 1) Jacques Weber, Directeur de recherches au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherches agronomiques pour le développement) François Letourneux, Directeur de l'UICN pour la France (Union internationale pour la conservation de la nature)
Le passage sur la démographie se situe au bout de 30mn grâce à l'intervention d'une auditrice: Alain Bedouet (animateur de l'émission): « Alice, vous êtes à Paris, bienvenue, on vous écoute », Alice: « Bonsoir, en temps qu'adhérente de l'association Démographie Responsable, je souhaiterais poser la question suivante: la perte de la biodiversité ne serait-elle pas due en grande partie à l'explosion démographique (population multipliée par 4 en 100 ans), avec notamment l'augmentation considérable des surfaces urbanisées et agricoles au détriment de l'habitat des autres espèces et dans ce cas, ne faudrait-il pas enfin prendre en compte ce problème, celui de l'explosion démographique, au travers de mesures, telles que le développement de l'éducation des femmes dans certaines régions du monde ou encore l'extension du planning familial, qui ont fait leur preuve dans des pays comme la Tunisie ou l'Iran? » Alain Bedouet: « Notre propre espèce humaine, la démographie, vous êtes aussi nombreux à poser cette question: on ajoute les milliards... On peut peut-être commencer avec Jean-Michel Salles » Jean-Michel Salles: « Oui, on peut dire deux mots, de toute façon le constat est assez évident. Oui bien sûr une population humaine croissante en nombre mais aussi en prédation. C'est-à-dire, il n'y a pas simplement le nombre des humains qui compte, mais il y a aussi la destruction que chacun d'entre eux peut occasionner et on sait qu'en fonction du régime alimentaire, du mode de vie, du rapport au transport, les êtres humains ont des impacts extrêmement différents en ce qui concerne le changement climatique ou la biodiversité. Jacques Weber: « A l'attention de notre auditrice, il faut se garder des idées simples. La démographie va entraîner des destructions et la démographie va générer la diversité. Une oasis n'existe pas sans une forte pression démographique. L'oasis est le fruit d'une forte pression démographique localisée et si la population diminue trop, l'oasis ne peut plus être entretenue. Francois Letourneux: « Oui, comme l'ont dit les différents intervenants, tout cela se ralentit et on a une perspective qu'on nous indique comme vraisemblable: la population de la Terre ne devrait pas dépasser 9 milliards d'individus. Il est possible, tous les économistes et tous les spécialistes s'accordent là dessus, de nourrir ces 9 milliards de personnes correctement sans massacrer complètement la biodiversité.
A l’attention de Jacques Weber, Une oasis existe peut-être à cause d’une forte pression démographique (?), mais elle existe aussi et surtout grâce à l’existence d'une source d'eau ou lorsqu'une nappe phréatique est suffisamment proche de la surface du sol. Il s'agit donc d'une opportunité assez rare, dont la durabilité n’est d’ailleurs pas automatique puisque l'extension des zones cultivées peut amener à une surexploitation de réserves d'eau souvent fossiles ou peu renouvelables… Le planning familial n’a absolument pas pour vocation de « contrôler la démographie », mais uniquement de permettre aux femmes (et aux couples) d’avoir le nombre d’enfants réellement désirés. Maintenant s’il est tout à fait exact que l’amélioration des conditions de vie conduit à la baisse de la fécondité, dire que « les extrêmes de fécondité sont liés à des situations de stress » est extrêmement réducteur. C’est oublier la prégnance de facteurs culturels et religieux dans de nombreux pays du sud (et pas seulement là, puisque même dans nos sociétés occidentales certaines familles aisées font de nombreux enfants), c’est aussi ne pas tenir compte de l’absence de prévention des grossesses non désirées. Il faut enfin espérer que dans l’esprit de notre intervenant, les politiques de planning familial ne font pas partie de ces situations dites stressantes… A l’attention de Francois Letourneux, Comment doit-on comprendre le début de votre intervention: il est possible de nourrir 9 milliards de personnes correctement en ne massacrant qu’une partie de la biodiversité?
Vous dites: « Un animal qui se met à manger autre chose que ce qu'il mangeait d'habitude, c'est poussé par la nécessité et bien nous on peut réfléchir », mais ne sommes nous pas, nous aussi, "poussés par la nécessité"? Quant à réfléchir, cela doit se faire dans toutes les directions, y compris dans celle de la prise en compte de l’excès de natalité et la "stratégie d’adaptation" est peut-être en partie celle préconisée par Alice, à savoir « le développement de l'éducation des femmes dans certaines régions du monde ou encore l'extension du planning familial »? Faute de quoi comme vous le dites très justement « on sera dans un désert qui sera, alors là c'est certain, invivable pour les 9 milliards d'humains que nous serons un jour » et ce ne sont pas les oasis tant affectionnés par Jacques Weber qui nous seront alors d'un grand secours... |
Commentaires
On ne se rafraichirait pas beaucoup avec une oasis pleine de monde et sans eau !
Oasis oasis ! On est plus proche de la publicité pour défendre les hautes densités que de la bonne foi !