Recul des terres agricoles en France

Journaux télévisés février 2010

 
Sur France 2, David Pujadas introduit le sujet en déclarant que « les terres agricoles reculent de 740 km2par an soit 7 fois la superficie d'une ville comme Paris ».
Le documentaire qui suit donne l'exemple de la ville de Manosque (en PACA) où la municipalité a décidé de "grignoter" 90 ha en périphérie de la ville. Interviewé, le maire (?) déclare: « On a une poussée démographique importante, on se doit d'y répondre. Aujourd'hui nous avons une demande d'environ plus de 1000 personnes qui recherchent des logements à caractère social, où voulez-vous qu'on les mette? Qu'est-ce que représentent 80 ha dans la zone "Chanteprunier", y'a d'autres secteurs qui seront aménagés (?) et qui continueront à faire de l'agriculture ». L'exemple, proposé ensuite, d'un agriculteur à la recherche de terres et qui n'en a trouvé qu'à 20 km de chez lui et doit donc se déplacer en tracteur en affrontant les bouchons (sans parler de sa consommation de gasoil) montre cependant que même vu sous cet angle, le problème est encore plus complexe...
Une journaliste met alors en lumière le fait que chaque jour 200* nouveaux hectares se retrouvent sous le béton en France, soit l'équivalent de la surface d’un département agricole qui disparaît tous les 10 ans.
Le reportage indique ensuite que tout ceci a lieu malgré l’existence des SAFER (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural) qui tentent de freiner le mouvement lorsqu’il s'agit d'initiatives individuelles, mais sont sans pouvoir lorsque ce sont les municipalités qui décident…
Le sujet se termine sur des statistiques en progression dangereuse:
Dans les années 1980, l’agriculture perdait 54.000 ha par an, dans les années 1990 nous étions passés à 61.000, aujourd'hui en 2010 nous en sommes à 72.000...
Et pour couronner le tout: plus de terres agricoles en PACA dans 60 ans...
 
* 200 ha x 365 j = 73.000 ha = 73.000 x 10.000 m2 = 730.000.000 m2, à peu près égal aux 740 km2 du début
 
 
Sur TF 1, Laurence Ferrari démarre ainsi « la France grande puissance agricole va-t-elle un jour manquer de terres cultivables, la menace est réelle car les villes ne cessent de grignoter du terrain sur les campagnes, un observatoire va être créé pour protéger nos "terres nourricières" ».
Le reportage débute aussi par un agriculteur qui va être exproprié et le commentaire indique ensuite que « chaque année, 66.000 ha de terres cultivables disparaissent, soit un département français tous les dix ans »: concernant le nombre d'hectares c'est un peu moins que la chaine concurrente, mais on est dans le même ordre de grandeur. Dans la séquence qui suit, un responsable de la SAFER met l’accent sur le fait que les terres agricoles ne bénéficient pas de protections juridiques comme c’est le cas pour les espaces naturels ou même pour les forêts. 
Vient ensuite l'exemple d’une petite commune de 5.000 habitants où la municipalité a fait construire un complexe regroupant commerces, habitations et services. Son ancien maire déclare: « le même projet s'il avait été construit à l'horizontale aurait consommé probablement plusieurs hectares, alors que tout cela est sur 8.000 m2 ». Le commentaire ajoute que cette politique a coûté son fauteuil à l'élu.
 
Les chiffres donnés par les 2 chaînes sont tellement accablants qu'on ne peut que partager l'émoi des journalistes (qui doit d'ailleurs probablement  relayer celui d'une partie des pouvoirs publics...). Les deux solutions esquissées (par la seule chaîne privée!),  à savoir une meilleure protection juridique et la construction verticale sont évidemment à mettre en œuvre, mais devant le rouleau compresseur que représente l'extension des villes et face aux enjeux financiers sous-jacents, il y a malheureusement fort à parier que ces modestes remèdes s'avèreront insuffisants. Il nous faudra en outre certainement imaginer un nouveau modèle de société, dans lequel (entre autres) la pression démographique* sera démocratiquement atténuée, voire même stoppée.
 
*  Citée par un des intervenants comme la cause majeure de l’extension de sa ville, même si dans ce cas précis cette concentration humaine est aussi liée au fait que de nombreuses personnes préfèrent venir habiter dans le sud du pays.
 
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